NOTES SUR "LES PETITES HISTOIRES DE LA GRANDE"
3 Rue Dr Waquet
L'ASDIC
-- Bombardements sur: l'Angleterre - Berlin
- Dresde -- Le Radar Anecdote 1 : La BSM Lorient et la bombe BIG SLAM L’ingénieur Wallis avait inventé une bombe monstrueuse (11 mètres – 11 tonnes) ! Consulté sur l’opportunité d’un raid sur la Base Sous-Marine (BSM) en construction, il rassura en précisant que sa bombe détruirait la base finie, ce qui serait plus terrible pour les Allemands.
Il
est probable que le choix de Churchill de réserver les "Big slam" à
l’industrie d’armement allemande tint compte de cette déclaration. Un modèle
plus réduit "Tall boy" de 5,700 tonnes fut néanmoins utilisé à
Brest et à Lorient.
La
"Big slam" était tellement grosse qu’il fallait démonter les
portes des trappes à bombes et saisir la bombe avec des chaînes pour la porter ;
en définitive, elle ne fut pas utilisée contre les BSM qui se révélèrent être
un danger énorme et capable de compromettre la victoire en coupant
le ravitaillement U.S..
Parmi
les bobards : «L’ASDIC des alliés
supprimait le danger sous-marin», «Churchill
avait des parents à Lorient» !
Photo
1 : La bombe "Big
slam".
Photo
2 : Un Lancaster à Lann Bihoué en
1955. Anecdote
2 :
L’ ASDIC
La BSM nous amène à parler des sous-marins. Au début de la guerre, ceux-ci naviguaient en surface à 90% et en plongée uniquement pour approcher et attaquer les navires. L’accompagnement des convois groupés rendit ce système plus difficile. Puis vint le "Schnorckel", tube téléscopique permettant la marche des diesels en plongée affleurante ; le sous-marin devenait difficile à détecter ; les moyens électroniques se développèrent alors.
A)
L’ASDIC consistant en une émission radio, signal dont on détectait l’écho
renvoyé par la coque du sous-marin.
B)
Les bouées sonores (montrées lors de l’exposé), larguées par avions et
munies d’un hydrophone avec radio émetteur, permettent de localiser le
sous-marin en traçant des courbes suivant l’intensité de l’écho envoyé
par chaque bouée.
Les opérateurs entraînés pouvaient détailler l’intensité d’écoute
en Force (F1 à F5) fonction de l’éloignement, la vitesse en tours d’Hélice
et même le type de sous-marin. Les sous-marins exerçaient à des milliers de
kilomètres de leurs bases (jusqu’aux côtes des USA) et devaient être
ravitaillés en fuel par bateaux. Anecdote
3 :
Les bombardements sur l’Angleterre Les bombardements sur l’Angleterre ont commencé le 1er jour de la guerre ; les cibles étaient le plus souvent Londres, Coventry, Birmingham et une escadrille d’élite basée à Meucon (près de Vannes), la KGR 100, équipée de Heinkel 111 H3 effectuait le repérage et le marquage d’objectifs pour les bombardiers.
Les
Anglais envoyèrent un commando qui groupé avec les FFI attendit en embuscade
les aviateurs sur la route Vannes – Meucon toute la nuit ; ils ne passèrent
pas, ils avaient déménagé la veille dans leurs nouvelles baraques à Meucon.
À quoi tient la réussite ou l’échec d’une opération militaire ? Anecdote
4 :
Le bombardement de Berlin
Très peu de gens le savent et pourtant en 1940 nous avons bombardé
Berlin ! Ce fut l’épopée du «Jules Verne», premier avion
"corsaire" de l’histoire.
Trois
avions Farman, quadrimoteurs transatlantiques type 2234, le «Jules Verne», le
«Flamarion» et le «Verrier», destinés à Air France furent transformés en
"lâcheurs" de bombes (plus qu’en bombardiers). C’est la guerre en
septembre 1939. Le commandant Daillère arrive à obtenir le «Jules Verne»
pour le "militariser" afin de combattre les corsaires allemands «Graf
von Spee» et «Von Scheer» en Atlantique. Pendant ce qui reste de guerre, le
«Jules Verne» est vidé de tout ce qui n’est pas utile, rempli de réservoirs
à l’intérieur du fuselage, équipé de lance-bombes de 14-18 et d’une
mitrailleuse Darne de 7,5mm. Photo 3 : Le «Jules Verne». Il effectue de très nombreuses missions dont une sur Berlin et une autour du croiseur «Emile Bertin» qui transporte l’or de la Banque de France en Martinique
Le 6 juin 1940 cap sur Berlin ; les Allemands sont toujours
"dans le noir". Quel est cet avion qui vient seul la nuit bombarder le
Reich ?
Vers
minuit, les lumières de Berlin (pourquoi les éteindre ?) sont sous
l’avion. On bombarde Berlin, toutes les bombes y passent et lorsqu’il n’y
en a plus, on passe aux incendiaires et
lorsqu’il n’y en a plus … il n’y en a plus ! Alors Corneillet enlève
ses souliers et les balance par la porte ; au retour il dira : «Ils
n’ont rien gagné, ils étaient foutus». Ils ont droit à Radio Stuttgart
où le traître Ferdonnet leur promet le pire.
Après
de nombreuses missions, le «Jules Verne» trouve asile à Marseille et continue
à bombarder Rome et des usines italiennes. Les trois Farman 2234 sont là, le
«Jules Verne» sera détruit pour ne pas le laisser aux Allemands, les deux
autres disparurent en mer dont le «Flamarion» avec le grand Guillaumet (celui
des Andes) aux commandes. Mais le 6 juin 1940 l’aéronavale avait bombardé
Berlin après 17 missions de guerre et 152 heures de vol.
L’équipage était composé de : Capitaine de Frégate Henri Daillèse,
H. Yonnet,
L.V.
Comet – Maître radio,
Maître
Mécano Corneillet,
Second
Maître bombardier Deschamps. Anecdote
5 :
Dresde – Histoire d’une destruction dramatique
Les bobards : Dresde ne sera pas bombardée ; les alliés
veulent en faire une capitale de l’Allemagne (communiqué allemand).
L’emploi massif de gaz explique les 400.000 morts (Goebbels) (nombre possible :
125.000 morts).
Dresde
ne fut jamais attaquée avant cette opération des 13 et 14 février 1945. Faux :
Dresde fut attaquée du 10 au 11 novembre 1940 sur les usines de pétrole synthétique
de Ruhlomd et le 22/9/1940 sur le réseau ferroviaire.
La
réalité : Dresde était trop éloignée des bases de Grande Bretagne
pour les avions d’escorte des grandes formations alliées. Ce n’est qu’après
mars 1944 que les P51 auraient pu les escorter jusqu’à Dresde et retour. Les
alliés n’ont jamais utilisé de gaz. Dresde avait une population de 600.000
habitants mais l’afflux de réfugiés de l’est fuyant les Russes et de
l’ouest, espérant la fin de la guerre était de plusieurs centaines de mille.
Photo 4 : Prise par le bombardier leader.
Le centre de la ville fut un des objectifs prioritaires par
l’importance du réseau de chemin de fer et ses gares. Les objectifs stratégiques
de Dresde étaient liés aux systèmes importants de communication (téléphone)
et de transports ferroviaires, locaux spéciaux pour les troupes, fabriques
d'armes et industrie légère de production militaire, usines de moteurs électriques,
d’instruments d’optique et de précision, industrie chimique, matériel
secret de guidage des V2, usine de pétrole synthétique, etc …
Les
morts recensés (Abteilung Tote) furent estimés à 135.000 : les services
de propagande soviétique barreront le dernier zéro pour amoindrir les résultats
de l’aviation alliée. L’Abteilung Tote avait récupéré toutes les
alliances des morts dans des seaux et bidons (plus de 20.000), la tradition
allemande étant de graver les initiales et dates à l’intérieur. L’armée
soviétique les "confisqua". Des milliers de cadavres inconnus furent
brulés pour éviter les épidémies ; il fut constaté que les habitants
n’ayant aucune expérience des raids n’étaient pas dans les abris puisque
jamais utilisés en 4 ans. Le phénomène du front de flamme dans les rues dû
à la combinaison des bombes incendiaires et des explosions, on a pu estimer la
"mer de feu" à 65 km².
On
pourrait décrire encore l’horreur de ce bombardement, le nombre inconnu des
victimes, etc…, en supposant 135.000 morts ; il faut rappeler que de très
nombreux prisonniers et "esclaves" du STO étaient à Dresde, en
particulier au camp Stalag IVB de prisonniers français et comme le cita un général
anglais : «les 135.000 victimes sont
beaucoup moins nombreuses que celles d’Auschwitz.» Références
principales :
Histoire de la RAF par David Irving, enquêteur officiel (cf. photos).
Photo
5 : Copie allemande rudimentaire du Radar. Le
radar a une histoire faite comme toutes les histoires : du vrai et du faux.
Les Anglais avaient saisi le principe qu’il fallait développer, l’envoi
d’un signal radioélectrique et la détection de son écho après qu’il eut
touché le sol ou un obstacle aérien. W. Churchill désirait être informé des progrès des matériels militaires ; lorsque le radar prototype lui fut présenté, c’était le "H.2.S." et qu’il fut interrogé sur ce qu’il en pensait, il répondit : «"H2S" ?, c’est un truc qui pue »
Les Allemands cherchaient de leur côté et mirent en service ce qu’ils
appelaient le rayon X qui n’était qu’un faisceau gonio orienté vers le but
(Londres) et que les avions suivaient.
Les
Mosquitos anglais étaient équipés d’un radar H2S et parfois d’un LORAN
("Long Range Navigation").
Leurs équipages avaient ordre de détruire l’avion s’ils étaient abattu.
L’un d’eux tomba en Allemagne et put être expertisé par les chercheurs
allemands qui furent ainsi mis sur la voie ; leurs essais permirent des réalisations
rudimentaires (photo ci-dessous).
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