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BEATRICE DUVAL, PEINTRE SUISSE, FAIT

UN SEJOUR EN BRETAGNE EN 1913

 

 

Gaby Le Cam

SAHPL

 

 

        Béatrice Duval, peintre de paysage, néo-impressionniste, est née en 1880 en Suisse dans le canton de Vaud. Issue d’une famille aisée, elle va beaucoup voyager à travers le monde avec les siens. A l’occasion d’un séjour à Saint-Cloud elle fait la connaissance d’Émile Verhaeren, Camille Pissarro et surtout de Paul Signac qui va l’influencer et la conseiller dans son approche de la peinture dans la voie du néo-impressionnisme[1]. Tous resteront des amis fidèles, ainsi que d'autres peintres comme Matisse, Maximilien Luce, Lucie Cousturier en particulier, s’occupant d’envoyer ses toiles au Salon des Artistes Indépendants et à la galerie Bernheim Jeune.

            Avec son père, les voyages se suivent, entrecoupés de séjours à Saint-Tropez auprès de Signac avec qui elle travaille notamment sur des paysages de pins parasols en bord de mer.

En 1913 elle s’installe pour quelques mois près de Quimperlé  en Bretagne, peut-être pour approcher ou ressentir les dernières vibrations de ce mouvement pictural de l'Ecole de Pont-Aven ou planait encore l'influence de Gaugin, Filliger et des prestigieux hôtes de la pension Gloanec.

 

Une œuvre de Béatrice Duval peinte lors de son séjour finistérien.

                                                                 (Photo Gaby Le Cam)

 

               La guerre de 1914 qui débute oblige le père et la fille à regagner la Suisse. Après cette période douloureuse ils s’installent en Italie à San Rémo où, malheureusement, le père meurt en 1929. Le choc de cette disparition fut immense pour Béatrice Duval et fatal à sa vocation. Elle va cesser de peindre définitivement et consacrer le reste de sa longue vie à la protection des oiseaux.   

Deux autres œuvres de sa vision de la Bretagne, toujours près de Quimperlé .

                                                                                   (Photos Gaby Le Cam)

 

            L’ensemble de son travail devait tomber dans l'oubli pendant de nombreuses années pour n’être redécouvert qu’en 1985, une exposition rétrospective lui fut consacrée à Lyon en 1991.

            "Toutes les peintures qui constituent l’ensemble de l’œuvre, ne sont pas exactement néo- impressionnistes ce qui d’ailleurs ne pourrait être que tardif (Seurat : 1859-1891). Les paysages les plus fidèlement néo-impressionnistes ne sont pas sans rappeler les manières  de Paul Signac : palette claire, touches larges, divisionnisme[2] assoupli. Les paysages, sont d’une facture aisée, énergique, elle a des audaces chromatiques surprenantes, par exemple, par derrière les masses feuillues vert-vert jaune du premier plan d’un pin parasol, elle indique les feuillages de l’arrière plan par des traînées de bleu outremer pur. Cette sorte de redécouverte permet parfois l’arrivée de l’œuvre presque vierge de « petits maîtres » d’une tendance dont le marché s’épuisait".

 

            Son trop court séjour en Bretagne ne lui permit de peindre qu'un nombre restreint de toiles ayant des paysages bretons pour thème, toutefois on en trouve dans certaines collections privées et lors de belles ventes publiques où la cote moyenne se situe aux environs de 7000 €.

 

            Béatrice Duval est décédée en 1973 à San Remo. 

 

 



[1] Mouvement pictural de la fin du XIXe siècle fondé sur le divisionnisme ou pointillisme, dont Seurat fut l’initiateur et Signac l’un des principaux propagateurs.

[2]  Chaque teinte étant restituée par la juxtaposition des couleurs pures qui la constituent.