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HUELGOAT

Dimanche 29 mars 2009

 

 

Ce jour commence par une chose bizarre : toutes les horloges et les montres du Pays passent brutalement de 2 heures à 3 heures du matin. En tout cas, le rendez-vous se fera sur la place Glotin à 8 h.

Nous arrivons au Huelgoat où M. Jean-Marie Le Scraigne nous conduit dans un lieu étonnant : un entassement prodigieux d’énormes masses rocheuses. Ce chaos occupe le lit de la Rivière d’Argent qui sort de l’étang de Huelgoat. Les eaux bouillonnent autour de cet amoncellement de blocs aux formes bizarres sans doute jetés là par des Géants lors de batailles effroyables !

 

La géologie l’explique simplement par le mode de décomposition du granite: le granite est une roche dure formée de grains juxtaposés: du quartz, du feldspath, du mica. En surface, le massif de granite présente des fissures dans lesquelles l’eau de pluie s’infiltre et altère le mica et le feldspath, ce qui enlève la cohérence de l’ensemble et donne un sable grossier appelé « arène granitique ». Les fissures s’agrandissent et l’eau de pluie entraîne le sable et isole des boules qui s’effondrent ensuite les unes sur les autres.

La mise en place du massif granitique armoricain, s’est faite à la fin de l’ère primaire, entre 250 et 330 millions d’années

 

 

 

M. Le Scraigne nous fait remarquer d’étranges passages aux noms évocateurs comme par exemple « la grotte du Diable ». A ma connaissance, dans notre groupe, personne n’a osé descendre dans les entrailles du gouffre où elle aurait pu voir le Diable essayer de chauffer sa bouillie d’avoine à l’aide du fouet magique acheté chez le bourrelier, jeudi, au marché !

Plus loin, il faudra avoir l’œil exercé à l’art abstrait pour apprécier « le ménage de la Vierge ».

 

Nous poursuivons notre promenade jusqu’à « la mare aux Fées », puis après une petite escalade, nous nous trouvons devant une roche énorme : « la pierre tremblante ». Elle pèse environ 100 tonnes et une poussée convenablement appliquée la fait osciller. Nous n’aurons pas le plaisir de le voir mais plusieurs personnes (dont je suis) ont confirmé ceci.

 

Nous reprenons le car pour nous approcher  « du gouffre » : après une chute de 10 mètres, le torrent disparaît. C’est un lieu hanté de fantômes. A la nuit, on peut entendre se lamenter les âmes des jeunes hommes, amants de Ahès (encore appelée Dahut, la fille du Roi Gradlon ) qui y furent jetés.

 

 

 

Après ce parcours dans cette vallée de la Rivière d’Argent où cohabitaient si bien, le Bon Dieu, le Diable, l’Ankou, les tailleurs de pierre, les charbonniers, les bourreliers, les sabotiers, les pauvres, les riches, les pilhouaers, les Fées, la Vierge, nous allons nous restaurer à « l’Auberge de Menez Braz »

Au menu : buffet à volonté, lapin rôti, frites, salade, fromage et une délicieuse tarte aux pommes qui nous a bien réchauffés !

 

La Chapelle St Herbot

en Plonévez-du-Faou

 

La taille de la chapelle témoigne de l’importance, dans un pays d’élevage, de la dévotion à St Herbot, protecteur du bétail. Elle est bâtie à la fin du XIVème siècle sur le lieu où est inhumé l’ermite (le gisant se trouve d’ailleurs à l’intérieur du chœur). La tour carrée n’a jamais eu de flèche. L’ossuaire, attaché au porche sud, porte la date de 1558. L’escalier, au nord, par où nous entrons, est du XVIIIème. Nous sommes surpris par la richesse de la décoration du chancel en bois polychrome. Un pélican, qui symbolise le sacrifice, figure au sommet de la crucifixion ; Les 2 autels de pierre recevaient autrefois, l’un le beurre, l’autre les queues de vache, offerts à St Herbot le jour du pardon.

A l’intérieur du chancel, les 15 stalles sont toutes différemment sculptées de petits personnages.

Les vitraux du XVIème siècle présentent de nombreuses armoiries sauvées par les paroissiens qui les ont masquées avec de la bouse de vache pendant la Révolution.

Plusieurs statues sont remarquables : « Notre Dame de Bonne Nouvelle » avec les portraits des 6 grands prophètes peints sur les volets de la niche. « St Yves » avec le Riche et le Pauvre peints également sur les volets. « Une Piéta » en pierre polychrome.

 

 

Alignés à l’intérieur du porche sud, les statues des 12 apôtres se trouvent de chaque côté d’une représentation de St Herbot.

Enfin, le calvaire, taillé dans un seul bloc de kersantite présente tous les personnages traditionnels et en plus une statue du saint patron.

 

Nous reprenons le car et nous allons au cœur des Monts d’Arrée où le Roc Trévezel dispute le titre de point culminant de la Bretagne (385 m) avec le Mont St Michel de Braspart surmonté d’une petite chapelle. De là, nous dominons un paysage de tourbière : C’est « le Yeun Ellez » (le Marais des Enfers) traditionnellement considéré comme le seuil des mondes infernaux !

 

Les eaux du marais sont drainées dans un lac artificiel près de la centrale atomique de Brennilis.

 

Nous revenons déposer notre guide à sa porte. Une idée nous vient alors : n’aurait-il pas absorbé un « élixir de jeunesse » ou « une potion magique »? car à 87 ans, son énergie est vraiment surprenante comme tout ce que l’on a vu aujourd’hui.