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LES FOUILLES DE SAINT-JUST, 1990, 1991, 1992

Jacques Briard, Maurice Gautier,

Gilles Leroux, Jean-Pierre Muratore

 

Sortie du dimanche 16 mai, sous la conduite de Jacques BRIARD

 

Organisation des travaux
Le Château-Bu
La Croix Saint Pierre
La sépulture de Tréal
Un centre mégalithique exceptionnel

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voir les photos de la sortie SAHPL du 5 mai 2004

 

 

I.- ORGANISATION DES TRAVAUX

 

    A la suite des incendies qui ont ravagé les landes de Saint-Just en 1989, un programme triennal de fouille a été mis en place pour 1990-1991-1992.

    Le financement a été assuré  par le  Conseil Général d'Ille et Vilaine (50 %),  et par le Ministère de la Culture (50 %). La direction des travaux a été confiée à l'U.P.R. 403 du C.N.R.S., sous la responsabilité de Jacques Briard avec Maurice Gautier pour le Château-Bû et Gilles Leroux pour la Croix Saint-Pierre. L'hébergement des fouilleurs a été facilité par la  municipalité de Saint-Just dont le maire, M. Gaël du Halgouët a suivi assidûment les travaux. La D.A.E. du Conseil Général d'Ille et Vilaine, avec la participation des R.M.I. et C.E.S.  de Saint-Just a collaboré aux travaux de consolidation, mais la restauration définitive sera assurée par les Monuments Historiques. Un projet d'aménagement paysager du site est également en vue de réalisation pour la constitution d'un Parc Espaces Verts Naturels.

    Les travaux ont concerné les monuments de la Grée de Cojoux : tumulus du Château-Bû, tertre et dolmens de la Croix Saint-Pierre et la sépulture mégalithique à entrée latérale de la butte de Tréal.

 

II.- LE CHATEAU-BU

Redon_Chateau_Bu_paint.JPG (63935 octets)      La fouille du Château-Bû a amené dès 1990 une énorme surprise : la découverte d'un grand dolmen avec cabinets latéraux (dolmen transepté) qui était complètement caché sous le tumulus.

    Le centre du monument avait été détruit en partie par les chercheurs de trésor du XIXe siècle, mais les fouilles de 1992 ont permis de montrer qu'il y avait une chambre centrale polygonale. Le mobilier recueilli, hache en roche verte, poteries à pied et lames de silex permettent de le dater des environs de 3500 ans avant J.C. Le dolmen était entouré d'un triple muret en pierre sèche (sans lien) disposé en gradins et bien conservé du côté Est. Les grands menhirs de quartz blanc avaient été plantés dans les pierres du cairn ou massif de pierres entourant le dolmen. Des dalles du dolmen sont ornées de cupules, petites excavations circulaires creusées dans la pierre et à sens religieux, liées au culte des eaux ou à celui des astres.

    En 1991, deux tombes de l'Age du Bronze ont été mises au jour à l'ouest du monument. Elles étaient à structures en  bois. La première conservait au milieu du bois décomposé les vestiges d'un os long, un fémur probablement, montrant que le personnage avait été inhumé la tête à l'est.

    Au niveau de son épaule, un vase biconique à 5 anses avait été déposé. Il appartient à une série armoricaine classique datable de 1500 ans avant J.C. Cette tombe était entourée d'un fer à cheval de dalles de schiste dont l'une ornée de cupules. La deuxième tombe de l'Age du Bronze était du même type, mais sans mobilier. Elle était entourée de poteaux en bois. Une branche retrouvée sous la tombe du Bronze N° 1 a été datée de 4320 à 3800 avant J.C. par le radiocarbone et correspond à la construction du premier dolmen.

 

III.- LA CROIX SAINT-PIERRE

   La Croix Saint-Pierre comprend toute une série de monuments néolithiques datés de 5000 à 2000 ans avant J.C. L'un d'eux est un tertre tumulaire, butte surbaissée avec des  dalles de schiste la bordant au nord et des blocs de quartz au sud. Elle porte un menhir à l'ouest et un bloc couché à l'est. Déjà publiée en 1953, elle a été à nouveau explorée en 1990, livrant des poteries néolithiques et des charbons de bois donnant une datation radiocarbone de 2500 ans avant J.C.

    En 1990, deux petits dolmens ont été fouillés à la Croix Saint-Pierre. Le dolmen sud avait un couloir dallé et a livré des perles de schiste. Il était associé à un coffre de dalles dont l'une avait une belle série de cupules. Le dolmen nord était associé à un menhir couché. Celui-ci a été redressé, un foyer aménagé à ses pieds a donné une datation de 5270 à 4740 avant J.C. montrant l'ancienneté des dolmens  de Saint-Just. 

    En 1992, deux autres monuments ont été découverts à l'ouest du tertre tumulaire : un beau dolmen à couloir qui a pu être restauré avec ses murets d'entourage et une tombe néolithique entourée d'un cercle de blocs de quartz. Au centre, dans une fosse, deux beaux vases néolithiques à fond rond et deux petites anses perforées ont été recueillis. Ils datent du Néolithique ancien de Bretagne, vers 4500-4000 avant J.C.

 

IV.- LA SEPULTURE DE TREAL

 

    Cette belle allée couverte à entrée latérale se présentait en 1990 comme une "ruine romantique", la majeure partie de ses dalles de couverture ayant glissé sur les piliers sud effondrés. Elle a été fouillée et restaurée en 1991 et 1992 et se présente comme un des plus beaux monuments de ce type de Bretagne. Elle était entourée d'un petit massif de pierres elliptique. On a recueilli dans les pierres du  pavage interne des poteries du Néolithique final datant de 2500 avant J.C., des pendeloques en quartz et en grès et des pointes de flèches en grès. Elle fut réoccupée vers 800 ans avant J.C. par les gens de l'Age du Bronze qui y ont laissé un  fragment de vase biconique et un foyer bien daté de cette époque par le radiocarbone. La sépulture du Four-Sarrazin (ci-dessous), sur la Grée de Cojou, appartient à la même famille de monuments du Néolithique final.

Le four sarrazin

V.- SAINT-JUST CENTRE MEGALITHIQUE EXCEPTIONNEL

 

    Les monuments de Saint-Just composent un ensemble unique du mégalithisme de Bretagne intérieure. La lande de Cojoux expose d'est en ouest, soit entre le lever et le coucher du soleil, une extraordinaire succession de mégalithes qui communiquent entre eux. Tout d'abord, les alignements du Moulin, puis les Demoiselles, le Château-Bû, les tertres et dolmens de la Croix Saint-Pierre, l'hémicycle du Tribunal et la sépulture du Four-Sarrazin. En dehors de la Grée de Cojoux, Tréal, Gremel, Sévéroué, Bocadève, la Croix-Madame, sont d'autres lieux mégalithiques. Le tout s'échelonne de l'ancien Néolithique vers 5000 ans avant J.C. jusqu'à l'Age du Bronze, vers 1500 et même 800 avant J.C.

    Il importe de préserver et de respecter ce patrimoine. Ceci est l'affaire des responsables administratifs et culturels, mais aussi et surtout des milliers de visiteurs qui viendront découvrir le site ; qu'ils en soient conscients.